Vérifier le travail d'une agence web
Le site est en ligne, les pages s'affichent, le formulaire part. Pour savoir si le travail est bien fait, vous n'avez qu'un interlocuteur, l'agence ou le freelance qui l'a fait. Avant de signer la recette, faites examiner le site par quelqu'un qui ne l'a pas construit, et exigez ce qui vous en rend maître : le nom de domaine à votre nom, vos propres accès, des mentions légales complètes, un bandeau de cookies qui bloque vraiment les traceurs.
Les défauts qui comptent le plus ne se voient pas en cliquant : un pixel publicitaire chargé avant que le visiteur ait choisi, une page de mentions légales que rien ne relie, une copie de travail ouverte aux moteurs. Et une fois le site livré, l'éditeur du site, c'est vous, pas l'agence.
Les défauts qui passent la visite de livraison
70 %chargent un traceur tiers avant que le visiteur ait choisi
45 %imposent une chaîne de redirections, ou une redirection par script, avant leur page d'accueil
25 %affichent un texte de remplissage sur au moins une page analysée
15 %ne publient aucune mention légale identifiant l'éditeur du site
Ces pourcentages portent sur une vingtaine à une trentaine de sites audités entre le 14 août 2026 et le 24 septembre 2026. Chacun ne compte que les sites où le point a pu être vérifié. Beaucoup ont été audités parce qu'un défaut s'y voyait vite : ces chiffres décrivent nos audits, pas l'ensemble des sites.
Aucun de ces défauts n'empêche une page de s'afficher. À la livraison, on vérifie ce qu'on voit : les pages s'ouvrent, le formulaire part, le menu se déplie sur téléphone. Un site peut passer cette visite et porter chacun des points suivants :
- Des traceurs chargés avant le choix du visiteur. Le bandeau de cookies est en place, le réglage derrière lui est faux : la mesure d'audience ou le pixel publicitaire partent dès l'ouverture de la page.
- Du texte provisoire resté en ligne : un lorem ipsum, un message du thème, une consigne « à compléter », souvent sur une page secondaire que personne ne rouvre.
- La copie de travail du site, restée ouverte : une préproduction indexée par Google peut apparaître dans les résultats à côté du vrai site.
- Des redirections en cascade. L'adresse en http, ou l'ancienne adresse d'une page, arrive sur la bonne page après plusieurs sauts, et une chaîne de redirections ne se remarque pas en naviguant.
- Des mentions légales absentes, incomplètes, ou publiées sur une page vers laquelle aucun lien ne mène.
Un site construit par une agence, par un freelance ou avec un outil de création par IA porte ces défauts de la même façon. Le guide pour vérifier un site fait avec une IA dit ce que ces outils laissent passer le plus souvent.
Votre domaine et vos accès, avant de régler le solde
Le bon moment pour obtenir ce qui vous revient est celui où le contrat prévoit encore des corrections : avant de signer la recette du site et de régler le solde. Une fois le projet clos, chaque demande se négocie.
Les points suivants se réclament sans aucune compétence technique. Obtenez-les par écrit avant de considérer le site comme livré :
- Le nom de domaine enregistré au nom de votre entreprise, sur un compte auquel vous avez accès. Au nom de l'agence, il reste à sa main si vous vous séparez ; le guide sur l'expiration d'un nom de domaine dit ce qui s'arrête quand il n'est pas renouvelé.
- Vos propres accès : l'administration du site, le compte d'hébergement, la mesure d'audience et la Search Console. L'agence est invitée sur vos comptes, plutôt que vous sur les siens.
- Les mentions légales obligatoires, qui désignent votre entreprise comme éditeur, nomment l'hébergeur et sont reliées depuis chaque page.
- Un bandeau de cookies réglé pour que rien ne se charge avant le choix du visiteur, et une politique de cookies qui décrit ce que le site fait vraiment.
- La copie de travail fermée, ou réservée à qui a un mot de passe, dès la mise en ligne.
- Si le nouveau site en remplace un ancien, la liste des anciennes adresses avec la page vers laquelle chacune renvoie, en une seule redirection.
Si l'agence suit aussi votre référencement, restez propriétaire de la Search Console : le guide pour savoir si une agence SEO fait son travail explique pourquoi.
Un second regard, par quelqu'un qui n'a rien construit
Une agence qui relit son propre travail le relit avec les hypothèses qui l'ont produit. Le bon relecteur n'a pas construit le site et n'a rien à défendre dans le résultat. Il examine le site en ligne, tel que vos visiteurs le reçoivent, et le déroulé tient en quatre temps :
- À la livraison, faites examiner le site publié.
- Transmettez le résultat à l'agence, et convenez avec elle de ce qui sera corrigé, dans quel ordre et pour quand.
- Une fois les corrections faites, demandez un second examen : il dit ce qui a été corrigé et ce qui reste.
- Signez la recette quand ce second examen est rendu.
Parler à l'agence avec des constats, pas des impressions
« Le site a un problème de cookies » ouvre une discussion. « Le pixel publicitaire se déclenche à l'ouverture de l'accueil, avant tout choix du visiteur » ouvre une correction. Décrivez chaque défaut par ce qu'il fait, et sur quelle page.
Une question précise appelle une réponse que vous pouvez vérifier. Celles-ci tiennent dans un email envoyé le jour de la livraison :
- À quel nom le domaine est-il enregistré, et sur quel compte ?
- Quels services tiers le site charge-t-il, et lesquels attendent l'accord du visiteur ?
- La copie de travail est-elle encore en ligne, et qui peut l'ouvrir ?
- Toutes les pages ont-elles été relues avec leur contenu définitif, y compris la page d'erreur et les pages légales ?
- Qui corrige ce qu'un examen extérieur relèvera, et dans quel délai ?
Pour l'ordre des corrections, commencez par ce qui engage l'éditeur du site : des traceurs chargés sans accord, des mentions légales absentes ou qui ne vous désignent pas. Ces obligations pèsent sur l'éditeur, quel que soit le prestataire qui a posé le réglage.
Viennent ensuite les défauts de gabarit, qui se corrigent une fois pour toutes les pages qui partagent ce gabarit, comme un lien de pied de page vers une page inexistante. Le reste se range selon les pages touchées : un texte provisoire sur l'accueil passe avant le même texte sur une page que personne ne visite.
Une politique de cookies que le site contredit cinq fois
Dans l'exemple de rapport d'un site vitrine B2B que nous publions, la politique de cookies et de confidentialité décrit un dispositif qui n'est pas celui du site. Le texte a été lu en entier, puis confronté à ce que le site charge dans trois navigations distinctes : sans réponse au bandeau, après une tentative de refus, après acceptation. Il y a cinq écarts :
- La politique promet un refus aussi simple que l'acceptation. Au premier niveau du bandeau, seuls « Personnaliser » et « Tout autoriser » s'affichent ; le bouton « Refuser » existe, mais il est masqué.
- Elle réserve les cookies publicitaires au consentement explicite. Le pixel de Meta, LinkedIn Insight et Google Ads se déclenchent au premier affichage.
- Elle limite les cookies persistants à 13 mois en général. Les deux cookies de mesure d'audience vivent 400 jours.
- Elle affirme que toutes les données restent dans l'Union européenne. Quelques lignes plus haut, la même page déclare un hébergement sur des serveurs situés à San Francisco, et le site transmet l'adresse de ses visiteurs à Google, Meta et LinkedIn.
- Elle nomme trois services de suivi. Quatre autres, actifs dès le premier affichage, n'y figurent pas : Meta, Google Ads, HubSpot et Apollo.io.
La correction passe par le réglage du gestionnaire de consentement et du gestionnaire de balises, puis par une politique réécrite d'après le site tel qu'il fonctionne.
Le même rapport dit ce qui tient : seuls TLS 1.2 et TLS 1.3 sont acceptés, aucune ressource n'est chargée en clair, et le code servi ne contient ni bibliothèque vulnérable ni secret. L'agence qui le reçoit voit ce qui lui est reproché, page par page, et ce qui ne l'est pas.
Le même rapport pour vous et pour l'agence
L'examen porte sur les 9 piliers, sans aucun accès à l'administration du site, à l'hébergement ou à l'agence. Chaque page analysée est ouverte dans un navigateur sans répondre au bandeau de cookies, et les traceurs qui se chargent quand même sont relevés. Les mentions légales sont lues, avec les pages qui y mènent. Les redirections sont suivies depuis l'adresse en http et en https. Chaque texte provisoire est relu avant d'être retenu, et les sous-domaines de préproduction les plus courants sont interrogés.
L'agence reçoit les mêmes documents que vous : le rapport d'audit, pour décider de ce qui passe en premier ; l'analyse détaillée des pages, qui devient son document de travail ; la note de méthodologie, qui dit comment chaque point a été vérifié. Les critères suivent une méthode publiée, que votre prestataire peut lire et discuter avec vous.
Chaque limite de l'examen est indiquée dans le rapport. Un point non vérifiable n'est jamais présenté comme conforme. Le rapport ne dit pas si le contrat a été respecté : il dit ce que fait le site livré, et chacun peut ensuite le rapprocher de ce qui était prévu. Commandé juste après la mise en ligne, il fixe l'état du site à une date, et un second audit, après les corrections, se compare au premier sur les mêmes critères.
Les forfaits commencent à 200 € HT ; seuls changent le nombre de pages analysées et le prix. Ils sont détaillés sur la page des tarifs. Le délai est de 5 jours ouvrés jusqu'à 60 pages, et le paiement est encaissé à la livraison. La page des exemples présente aussi le rapport d'une boutique en ligne, pour comparer avec un site qui vend.
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