Recette d'un site web : qui vérifie quoi

Votre prestataire annonce que le site est prêt et vous demande de signer la recette, souvent avec la facture du solde. Avant de signer, partagez le travail en trois : le prestataire prouve que ses tests sont passés, vous vérifiez ce que vous seul pouvez juger, et quelqu'un qui n'a pas construit le site examine ce que le site fait sans l'afficher. Ce qui ne va pas s'écrit en réserves, page par page, avant la signature.

La recette se fait souvent sur une copie de travail du site. Elle ne dit alors rien de ce qui change à la mise en ligne : l'adresse, le certificat, les consignes aux moteurs, les balises ajoutées au dernier moment. Ce qu'il faut obtenir à la livraison, nom de domaine et accès compris, est l'objet du guide pour vérifier le travail d'une agence web. Celui-ci porte sur la recette elle-même.

Signer la recette : le solde, la garantie, et la suite

La recette est le moment où vous déclarez le site conforme à ce qui avait été commandé. Dans beaucoup de contrats, elle déclenche le paiement du solde et ouvre la période de garantie. Après elle, une correction peut devenir une évolution facturée.

Relisez donc votre contrat avant de commencer : le délai dont vous disposez pour formuler des réserves, ce qu'il traite comme une acceptation sans signature (une mise en ligne, ou l'absence de réponse dans un délai), et ce que la garantie couvre après la livraison. S'il ne dit rien, convenez-en par écrit avec le prestataire avant la première vérification.

Trois vérifications, trois personnes

Une recette réunit trois vérifications, et aucune ne remplace les deux autres :

  • Le prestataire teste ce qu'il a construit : chaque formulaire arrive dans la bonne boîte, l'administration du site fonctionne, les pages s'affichent sur les navigateurs et les appareils prévus au contrat, les paiements d'essai passent sur une boutique. Demandez le compte rendu de ces tests, avec ce qui a été testé, sur quoi, et avec quel résultat. Un examen extérieur ne les refait pas : il n'envoie pas vos formulaires et n'entre pas dans l'administration.
  • Vous jugez ce que personne d'autre ne peut juger : les textes sont les bons et définitifs, les prix, les horaires et les coordonnées sont justes, les mentions légales désignent votre entreprise. Parcourez ce qui fait votre activité, demande de devis, prise de rendez-vous ou achat, jusqu'au bout, sur votre téléphone comme sur un ordinateur, et vérifiez qu'une vraie demande arrive.
  • Un tiers examine ce que le site fait sans l'afficher : ce que le navigateur charge avant que le visiteur ait répondu au bandeau de cookies, les réponses du serveur et les redirections, les consignes données aux moteurs, la vitesse sur téléphone, les erreurs au chargement.

Le détail de ces points, rangés par priorité, est dans la checklist d'audit de site web.

Copie de travail et site public : ce qui change au lancement

25 %gardent un texte provisoire visible sur au moins une page analysée

35 %font attendre plus de 4 secondes leur contenu principal, dans la catégorie « mauvais » de Google

55 %déclenchent au moins une erreur JavaScript au chargement d'une page analysée

Ces pourcentages portent sur une trentaine de sites audités entre le 14 août 2026 et le 24 septembre 2026. Chacun ne compte que les sites où le point a pu être vérifié. Beaucoup ont été audités parce qu'un défaut s'y voyait vite : ces chiffres décrivent nos audits, pas l'ensemble des sites.

Une recette faite sur la copie de travail voit mal ces trois défauts : le texte provisoire reste sur une page que personne ne rouvre, la lenteur ne se mesure qu'avec le site réel sur téléphone, et une erreur peut ne venir que d'un script ajouté au lancement. Beaucoup de défauts de mise en ligne n'existent pas sur la copie de travail. Ils apparaissent quand le site change d'adresse, de serveur ou de réglages :

  • Le certificat doit être émis pour le vrai nom de domaine, et l'adresse en http doit renvoyer vers https en une seule redirection.
  • La vitesse se juge sur le site en ligne, sur téléphone, avec les vraies images et les scripts tiers ajoutés au lancement. Une copie de travail rapide ne dit rien du site public.
  • La consigne qui fermait la copie de travail aux moteurs ne doit pas avoir suivi le site : un robots.txt qui interdit tout, ou une consigne noindex sur chaque page, et le site ouvre sans pouvoir être trouvé. Dans l'autre sens, une copie de travail restée ouverte aux moteurs peut concurrencer le vrai site dans les résultats.
  • Les images définitives, posées avec les contenus finaux, ont chacune besoin d'une alternative textuelle quand elles portent une information. Le bandeau de cookies ajouté au lancement doit rester lisible et utilisable au clavier.
  • Le gestionnaire de balises, la mesure d'audience et les pixels publicitaires sont souvent posés pour la mise en ligne. Ils ne doivent rien charger avant le choix du visiteur. Et les mentions légales doivent nommer l'hébergeur du site public, qui n'est pas toujours celui de la copie de travail.
  • Faire pointer le domaine vers le nouvel hébergement ne doit pas couper la messagerie : les emails du domaine doivent continuer d'arriver, et ses enregistrements SPF et DMARC rester publiés.
  • Chaque service ajouté au lancement, police, carte, vidéo ou mesure d'audience, reçoit l'adresse IP des visiteurs. Sachez lesquels sont servis hors de l'Union.
  • Le texte provisoire oublié en ligne se cache sur une page secondaire que personne n'a rouverte depuis la maquette.
  • Des erreurs JavaScript au chargement peuvent n'apparaître qu'avec les scripts du site public, et une adresse qui n'existe pas doit répondre par une vraie erreur 404.

Une trace des essais peut aussi passer en production. Dans l'exemple de rapport d'une boutique en ligne que nous publions, une ressource de test d'un partenaire de paiement, servie depuis son adresse de pré-production, est chargée sur les pages du site public. Rien ne la montre à l'écran. Sur une copie de travail, une ressource de test est attendue ; c'est sur le site public qu'elle devient un défaut.

C'est pourquoi la vérification qui compte se fait sur le site en ligne, dans les jours qui suivent sa publication.

Écrire une réserve qui se corrige, puis se lève

Chaque réserve doit permettre au prestataire de trouver le défaut sans vous rappeler. Elle porte :

  • l'adresse de la page, ou « toutes les pages » quand le défaut vient d'un élément commun comme le menu ou le pied de page ;
  • ce que vous avez constaté, avec la valeur ou l'extrait : « la demande envoyée depuis la page Devis n'est pas arrivée dans la boîte prévue » plutôt que « le formulaire ne marche pas » ;
  • ce qui était attendu : le passage du cahier des charges, la maquette, ou l'obligation en cause ;
  • sa gravité : bloquante si elle empêche d'ouvrir le site au public ou engage l'éditeur (formulaire qui n'aboutit pas, traceurs chargés avant le choix du visiteur, mentions légales absentes), non bloquante sinon ;
  • le délai de correction convenu.

Une recette signée avec réserves dit ce qui reste à corriger, ce qui est souvent plus juste qu'un refus en bloc ou qu'une signature sans rien écrire. Convenez par écrit de ce que devient le solde tant que les réserves bloquantes ne sont pas levées.

Une réserve se lève quand le défaut a disparu du site en ligne, pas quand le prestataire annonce l'avoir corrigé. Faites refaire la vérification sur les mêmes points.

Le calendrier, de la copie de travail au solde

Un déroulé qui couvre à la fois la copie de travail et le site en ligne :

  1. Le prestataire remet le compte rendu de ses tests.
  2. Vous faites votre recette sur la copie de travail : textes, coordonnées, parcours.
  3. Le site est mis en ligne.
  4. Dans les jours qui suivent, le site en ligne est examiné par un tiers, et vous refaites vos parcours sur le site public.
  5. Les réserves sont transmises, chacune avec sa gravité et son délai.
  6. Après les corrections, une seconde vérification dit ce qui est levé. La recette se signe, et le solde se règle comme convenu.

Si votre contrat prévoit la signature avant la mise en ligne, gardez une vérification du site public avant le paiement du solde, et inscrivez-la au procès-verbal comme une réserve à lever.

Des réserves rédigées depuis le rapport

Commandé à la mise en ligne, l'audit examine le site public tel que vos visiteurs le reçoivent, sur les 9 piliers, sans aucun accès à l'administration, à l'hébergement ou au prestataire. Les pages sont ouvertes dans un navigateur, sans réponse au bandeau de cookies. Les redirections sont suivies depuis http et https, les consignes aux moteurs lues, chaque page mesurée sur téléphone, les erreurs et les ressources tierces relevées au chargement, et les sous-domaines de préproduction les plus courants interrogés.

Chaque constat du rapport donne ce qu'une réserve doit contenir : la page en cause, la valeur relevée, et la loi, la norme ou la spécification quand le point en dépend. Les réserves se rédigent à partir du rapport, sans repartir de zéro.

Chaque limite de l'examen est indiquée dans le rapport. Un point non vérifiable n'est jamais présenté comme conforme. Pour lever les réserves, un second audit reprend les mêmes critères sur le site corrigé, et dit point par point ce qui a disparu.

Le rapport est livré en 5 jours ouvrés jusqu'à 60 pages : prévoyez ce délai dans le calendrier de la recette. Les forfaits commencent à 200 € HT, la page des tarifs les détaille, et le paiement est encaissé à la livraison.

Par , Z29K · mis à jour le 30 octobre 2026

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