Site multilingue : le contenu non traduit
Le contenu non traduit, ce sont les morceaux d'une page restés dans une autre langue que celle de la version. Il se loge rarement dans le texte principal, qu'on a fait traduire et relire. Il se loge dans ce que personne n'a pensé à confier au traducteur : un intertitre ajouté après coup, un message affiché par le thème, un bloc repris d'une autre page.
Chaque version est relue dans sa langue, par quelqu'un qui la parle, et personne ne compare les deux. C'est ce que fait l'audit de contenu, version contre version.
Où le texte non traduit se cache
Le texte principal a souvent été traduit d'un bloc, au lancement. Ce qui reste dans l'autre langue arrive par d'autres chemins.
- Les sections ajoutées après la traduction. La page a été traduite en entier, puis enrichie dans une seule langue.
- Les messages que le thème ou une extension affiche : une liste vide, une recherche sans résultat, un bouton. Ils viennent d'un fichier de langue, pas de vos pages, et ne passent pas par votre traducteur.
- Les clés de traduction absentes. Quand une traduction manque dans ce fichier, certains moteurs de gabarit affichent la clé elle-même, du type « Translation missing: fr.… ».
- Les menus, le pied de page et les messages d'erreur des formulaires, qui vivent hors du contenu que l'on traduit page par page.
Une extension de traduction automatique ne règle pas tout. Elle traduit le texte qu'elle trouve dans vos pages ; le texte inscrit dans une image, ou celui qu'un service tiers insère dans la page, lui échappe.
Pourquoi un titre oublié compte
Le visiteur arrive sur la version de sa langue. Si le premier titre qu'il lit est dans une autre, il se demande s'il est au bon endroit, et si le reste du site a été traduit avec le même soin.
Google recommande d'employer une seule langue pour le contenu et la navigation de chaque page, et d'éviter les traductions côte à côte. Il détermine la langue d'une page d'après son contenu visible, pas d'après le code.
Pour les lecteurs d'écran, le critère 3.1.2 des WCAG (niveau AA) demande que la langue de chaque passage soit identifiée, pour appliquer la bonne prononciation. Un passage resté dans l'autre langue par oubli n'est pas signalé comme tel : il est lu avec les règles de la langue de la page.
Ce que nous relevons sur les sites multilingues audités
35 %des sites multilingues dont nous avons comparé les versions ont au moins un titre resté identique d'une langue à l'autre
Ce pourcentage porte sur une vingtaine de sites audités entre le 14 août 2026 et le 24 septembre 2026, ceux où le point a pu être vérifié. Beaucoup ont été audités parce qu'un défaut s'y voyait vite : le chiffre décrit nos audits, pas l'ensemble des sites.
Ce que l'audit compare, version contre version
L'audit apparie chaque page à sa version dans l'autre langue, celle que la page déclare elle-même comme équivalente. Nous allons chercher ces versions même quand aucun lien n'y mène : sur beaucoup de sites, le sélecteur de langue est un formulaire qu'une exploration ordinaire ne franchit pas.
Nous confrontons ensuite les titres de texte des deux versions. Un titre identique d'une langue à l'autre est du contenu non traduit. Le rapport indique sa place dans la page : un titre en tête est la première chose que lit le visiteur de cette langue.
Chaque page est aussi lue seule. Un message de thème en anglais sur une page française, une clé de traduction affichée en clair ou un libellé de champ jamais rempli y sont relevés comme du texte provisoire resté en ligne : un texte que le visiteur n'aurait pas dû lire.
Ce qui a le droit d'être identique
Un nom de marque, de produit ou d'outil s'écrit pareil dans toutes les langues, comme la plupart des entrées de menu courtes. L'audit ne retient donc que des phrases : un titre de plusieurs mots, construit comme une phrase de sa langue.
Un avis client laissé dans sa langue d'origine n'est pas un défaut. Le traduire réécrirait le témoignage de quelqu'un. Ce tri se fait à la lecture, et le rapport l'écrit.
Ce qui se corrige simplement, ce qui demande un projet
Un titre oublié ou un message de thème se corrige vite, une fois qu'on sait où il est. Le plus long, c'est de le trouver, parce qu'il faut lire les deux versions côte à côte.
Quand les oublis se répètent d'une page à l'autre, le défaut n'est plus dans une page : du contenu est publié dans une langue sans que la traduction suive. C'est alors la façon de publier qui se revoit, avec la personne qui gère le site.
Ce que cette vérification ne dit pas
La comparaison des versions fait partie de l'option « langue supplémentaire » et porte sur les seules langues commandées. Sans cette option, l'audit porte sur la langue principale, les versions traduites ne sont pas comparées, et le rapport l'écrit.
Nous comparons les versions appariées des pages analysées ; la qualité de la traduction n'est pas jugée. Un texte traduit, mais maladroit, n'entre pas dans ce constat.
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