Migration SEO : avant et après la bascule
Une migration SEO, c'est ce qui permet à un site de changer d'adresses, de plateforme ou de domaine sans que les moteurs de recherche perdent la trace de ses pages. Elle se joue en deux temps : dresser la liste des adresses existantes avant la bascule, puis vérifier le site publié une fois en ligne.
Le premier temps se prépare avec votre prestataire. Le second se vérifie de l'extérieur, et c'est ce que l'audit SEO technique remesure sur un site refondu.
Pourquoi une refonte peut faire perdre du trafic
Un moteur de recherche connaît vos pages par leur adresse. Si une refonte change les adresses sans rediriger les anciennes, celles-ci répondent par une erreur : les résultats de recherche, les liens d'autres sites et les favoris de vos visiteurs mènent à une page absente.
Les adresses ne sont pas seules en cause. Une refonte réécrit aussi les titres, les descriptions, les adresses canoniques et les consignes d'indexation. Une consigne de non-indexation posée sur la préproduction, restée en place à la mise en ligne, retire des pages des résultats sans rien casser à l'écran.
Même bien menée, une migration fait bouger les résultats un temps : Google prévient que la visibilité peut fluctuer pendant qu'il découvre les nouvelles adresses. Toutes les migrations ne changent pas les adresses : un changement d'hébergeur qui les garde identiques ne demande aucune redirection. C'est le cas, par exemple, du passage à un hébergement européen sans changer de nom de domaine.
Ce qui se prépare avant la mise en ligne
La préparation tient en trois décisions, que Google décrit dans sa documentation sur les migrations. Elles relèvent de la conduite du projet, avant que le nouveau site existe en ligne.
- L'inventaire des adresses actuelles, y compris celles que plus aucun menu ne lie mais que d'autres sites citent encore. Une adresse oubliée à ce stade n'aura pas de redirection.
- La table de correspondance : chaque ancienne adresse mène à la nouvelle page qui la remplace, en un seul saut. Renvoyer toutes les anciennes pages vers l'accueil ne dit pas au moteur où est passé chaque contenu, et Google le traite comme une page introuvable.
- La durée : Google conseille de garder les redirections d'une migration au moins un an, et plus longtemps pour les visiteurs qui ont gardé les anciennes adresses.
Une table bien faite évite aussi les chaînes : le guide sur les redirections 301 et les chaînes de redirection explique pourquoi un seul saut compte.
Ce que nous relevons sur les sites audités
45 %ont, à l'entrée du site, une chaîne d'au moins deux redirections, une boucle, ou une redirection en meta-refresh ou en JavaScript
Ce pourcentage porte sur une trentaine de sites audités entre le 14 août 2026 et le 24 septembre 2026, ceux où le point a pu être vérifié. Beaucoup ont été audités parce qu'un défaut s'y voyait vite : le chiffre décrit nos audits, pas l'ensemble des sites.
Les liens internes cassés en nombre sont rares sur les sites que nous auditons. Les chaînes de redirection, elles, sont courantes : une chaîne se forme quand un changement ajoute sa règle à celles des changements précédents, et chaque migration en est une occasion.
Ce que l'audit remesure après la mise en ligne
L'audit parcourt le site publié dans un navigateur, comme un visiteur, et vérifie ce qu'une migration a pu déplacer.
- Les liens internes : ceux qui mènent à une page absente ou à une erreur du serveur. À partir de 5 % des liens parcourus, le rapport compte un défaut. Une page qui demande une connexion n'est pas comptée comme cassée. Les images et fichiers que la page ne trouve plus sont relevés de la même façon.
- Les redirections des adresses d'entrée du site et des adresses canoniques : un seul saut, permanent, sans boucle.
- Les balises que la refonte a réécrites : titre, description, adresse canonique, consigne d'indexation, versions linguistiques, sitemap et fichier d'instructions aux robots. L'audit compare la page telle que le serveur l'envoie et telle que le navigateur l'affiche.
- Une adresse inexistante : elle doit répondre par une erreur 404, pas par une page ordinaire que le moteur risque d'indexer.
- Une préproduction restée publique et indexable, qui publie une copie du site à une autre adresse.
Quand l'archive publique du web en garde la trace, la note de méthodologie signale aussi une refonte récente, qui aide à lire les résultats.
Ce qui se rattrape vite, ce qui demande un projet
Beaucoup d'oublis se rattrapent après la mise en ligne : une redirection manquante sur une page qui recevait des visites, une redirection temporaire à rendre permanente, une consigne de non-indexation restée en place, des liens internes qui visent encore les anciennes adresses.
Une migration faite sans inventaire demande davantage de travail. La table de correspondance se reconstruit alors à partir de ce qui reste de l'ancien site : les statistiques de visite, les liens d'autres sites, les copies conservées par l'archive publique du web.
Ce que cette vérification ne dit pas
L'audit compare ce qui est public. Il ne voit pas l'ancien site une fois remplacé, en dehors de ce que l'archive publique du web en garde, et il ne vérifie pas les anciennes adresses que plus aucune page ne lie.
La perte de trafic elle-même ne se mesure pas de l'extérieur : elle se lit dans vos statistiques de visite et dans la Search Console du site.
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